ÂÎÉÄÈÒÅ, ×ÒÎÁÛ ÍÀ×ÀÒÜ ÎÁÓ×ÅÍÈÅ Ñ ÀÓÄÈÎ-ÇÀÏÈÑÜÞ

  LEIÇON 1  
  Primièra leiçon (1) Première leçon.
  L’occitan qu’es aquò ? L’occitan, qu’est-ce que c’est ?
     
1 Diga-me, l’amie, l’occitan, qu’es aquò ? Dis-moi, l’ami, l’occitan, qu’est-ce que c’est ?
2 L’occitan, es la lenga del miègjorn de la França, la lenga de l’Occitania. L’occitan, c’est la langue du Midi de la France, la langue de l’Occitanie.
3 Perqué la parlas ? Pourquoi la parles-tu ?
4 Perqué es ma lenga : de mai, es bèla e plan celèbra. Parce que c’est ma langue : de plus, elle est belle et très célèbre.
5 Mas, dempuèi quora es celèbra ? Mais, depuis quand est-elle célèbre ?
6 Dempuèi l’epòca dels Trobadors; veirem tot aquò dins qualques leiçons. Depuis l’époque des Troubadours ; nous verrons tout cela dans quelques leçons.

NOTES
«Avant de commencer, lisez attentivement l’introduction qui précède, c’est indispensable. Pour faciliter l’écoute des disques ou des cassettes, le texte occitan est souligné dans les trois premières leçons».
 

Votre premier contact a été facile ? Oui, bien sûr. Faites bien attention à la prononciation du o du ò et du lh. Vous avez remarqué que le o se prononce ou et que le ò (avec accent grave) est toujours ouvert comme dans le français porte : le son o fermé comme dans le français tôt est inconnu en occitan moderne. C’est pour cette raison que les Occitans prononcent le o fermé du français rose comme le o ouvert de porte et ne différencient pas en parlant la paume de la pomme.

En languedocien, le groupe -on- se prononce (ou) et -orn- (our), puisque, sauf exceptions, le -n final ne se prononce pas dans ce dialecte. Toutefois, le -n final du mot occitan est parfois prononcé.

Enfin, n’oubliez pas que le -a final est prononcé o ouvert (sauf dans quelques régions, où il est prononcé a (partie des Alpes, Nice, Montpellier, Velay, Nord du Cantal, Roussillon), ou -e (Béarn, littoral du golfe de Gascogne).

SOYEZ SANS INQUIÉTUDE : VOUS VERREZ VITE

QUE LA GRAPHIE OCCITANE EST SIMPLE. RETENEZ L’ESSENTIEL POUR L’INSTANT; LES DÉTAILS VOUS SERONT EXPLIQUES PAR LA SUITE.

Voyons à présent cette leçon phrase par phrase.

Phrases 1 et 2 : vous avez certainement remarqué vous-même que l’occitan n’a pas de pronom sujet (comme l’italien) ; es «il est» ; la parlas ? «la parles-tu ? » ; veirem (6) «nous verrons». Il existe toutefois un pronom sujet correspondant au français moi, toi etc., employé comme ses correspondants français, pour insister. Nous le verrons plus tard.

Phrases 3 et 4 : perqué signifie à la fois « pourquoi » et «parce que». C’est la raison pour laquelle vous entendrez parfois en Occitanie des tournures françaises influencées par l’occitan et notamment celle-ci : je suis venu pourquoi (parce que) il m’a appelé ; var. per çò que «parce que».

Phrases 5 et 6 : le féminin des adjectifs est en -a (prononcé o ouvert sauf dans quelques régions : cf. ci-dessus, début des notes de la leçon 1). Qualque, variante quauque, pluriel qualques/quauques est à la fois masculin et féminin ; toutefois on trouve parfois au féminin qualqua(s)/quauqua(s) qui est donc prononcé kalko/kaouko au singulier et kalkos/karoukos au pluriel.

Le -s final est prononcé en languedocien. Toutefois il peut être prononcé différemment ou pas prononcé du tout dans certains cas, comme nous le verrons plus tard.

Dels + consonnes est prononcé dés ou déy. La quatrième personne des verbes est toujours terminée par un -m afin de la différencier de la sixième, que nous verrons plus loin; il est prononcé -n : veirem «nous verrons» se prononce donc béyrén. L’article : lo «le», los «les» (masc.) (pron. parfois lu/lus) ; la «la», las «les» (fém.). var. : le «le», les «les» (masc.) (Lang.).

En Provence, au pluriel, on a les var. lei / li ( leis, lis devant voyelle) pour les deux genres.

Enfin, bien que l’usage des disques ou des cassettes ne soit pas obligatoire, le fait d’écouter l’enregistrement de cette leçon (et aussi des autres) vous permettra de vérifier tout cela et habituera votre oreille aux sons de l’occitan. Écoutez plusieurs fois cette leçon, en essayant peu à peu de ne plus traduire en français, mais de comprendre directement, comme si vous écoutiez du français. Vous vous habituerez ainsi à penser en occitan.