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  LECCIÓN TREINTA Y TRES TRENTE-TROISIÈME LEÇON
  « Veneris dies » (1) « Veneris dies »
     
1 Los amores de perfil incierto, los sueños más desquiciados, los anhelos menos verosímiles, las fantasías que encierran mayor demasía ; Les amours au profil incertain, les rêves les plus fous, les vœux les moins vraisemblables, les fantaisies qui renferment le plus d'excès;
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torrentes todos que arrastran la esencia de la vida y que, sorteando los meandros de la semana, corren a la desembocadura que es el viernes, (2) (3)

tous, torrents qui portent l'essence de la vie et qui, esquivant les méandres de la semaine, coulent à l'embouchure du vendredi,
3 el día de Venus, la del encanto mágico. le jour de Vénus : déesse au charme magique.
4 Sí, en las manos de su noche se encuentra ardiente la antorcha del deseo, Oui, aux mains de sa nuit se trouve ardent le flambeau du désir,
5 arrancada por el tiempo a quien antaño gozara en solitario del rango de víspera, al sábado. (4) arraché par le temps à celui qui autrefois jouissait en solitaire du rang de veille, le samedi.
6 Ese desplazamiento, casi geológico, convierte al domingo en un día de resaca, en un vasto desierto de espejismos y aprensiones en el que el movimiento es más renuente (5) Ce déplacement, presque géologique, transforme le dimanche en un jour de ressac, en un vaste désert de mirages et d'appréhensions où le mouvement est plus réticent
7 y en el que la imaginación evoca el lunes con letras negras : et où l'imagination évoque le lundi en lettres noires :
8 tan oscuro y sombrío como las calas de una galera en la que cientos de esclavos reman sin saber adonde van ni de dónde vienen, aussi sombre et morne que les cales d'une galère où des centaines d'esclaves rament sans savoir où ils vont ni d'où ils viennent,
9 ajenos a otro proyecto y vacilantes ante el suyo, quizá por recordar que (6) (7) étrangers à tout autre projet et vacillants devant le leur, peut-être parce qu'ils se souviennent que
10 « en martes, ni te cases ni te embarques ». (8) « mardi, ne te marie ni ne t'embarque ».
11 El sol de la semana sólo comienza a levantarse el miércoles y, aunque aún pálidos, Le soleil de la semaine commence seulement à se lever mercredi et, bien qu'encore pâles,
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sus rayos anuncian ya cálidas promesas que, como flechas, se disparan a la conquista del horizonte atravesando veloces el jueves.

ses rayons annoncent déjà de chaudes promesses qui, comme des flèches, sont décochées à la conquête de l'horizon, traversant comme l'éclair le jeudi.
13 En efecto, el viernes, ya al despertar, la ansiedad colorea de manera diferente las sensaciones y los objetos : En effet, le vendredi, déjà au réveil, l'anxiété colore de manière différente les sensations et les objets :
14 la nieve es menos fría y más blanca y, si llueve, el cielo no es tan gris. la neige est moins froide et plus blanche et, s'il pleut, le ciel n'est pas aussi gris.
15 Todo es invitación al exceso, ¡hasta el teléfono suena con mayor frecuencia ! Tout est invitation à l'excès, même le téléphone sonne plus fréquemment !
16 Las alternativas -amigos, aniversarios, citas, bailes, cines, fiestas, cenas...- son tantas y, tan atrayentes que incluso se puede decidir no decidir, sino errar toda la noche a la aventura. Les alternatives -amis, anniversaires, rendez-vous, bals, cinémas, fêtes, dîners...- sont si nombreuses et si attrayantes que l'on peut même décider de ne pas décider mais d'errer toute la nuit à l'aventure.
17 La frenética holganza del viernes se enraíza en el furioso sueño al que todo humano alguna vez aspira : dormir en los brazos de Venus. L'oisiveté frénétique du vendredi s'inspire du rêve furieux auquel tout humain parfois aspire: dormir dans les bras de Vénus.

  EJERCICIO  
1 Intenta acordarse de los sueños que tiene. Il essaie de se souvenir des rêves qu'il fait.
2 Le gusta vestirse con fantasía. Il aime s'habiller avec fantaisie.
3 Dimos un paseo hasta la desembocadura del río. Nous fîmes une promenade jusqu'à l'embouchure du fleuve.
4 Dentro de dos semanas me desplazaré a Noruega. Dans deux semaines je me déplacerai en Norvège.
5 Es una persona imaginativa y, al mismo tiempo, aprehensiva. C'est une personne imaginative et, en même temps, pleine d'appréhension.

NOTES
(1) Viernes, vendredi et venerdi -en italien- sont autant de dérivés du latin « Veneris dies » : el día de Venus.
(2) Arrastrar : porter (sens de bouger quelque chose en rasant le sol ou une autre superficie).
Aussi : traîner, entraîner.
La corriente arrastró a los pescadores mar adentro : le courant porta les pêcheurs au large.
Arrastrar una vida miserable : traîner une vie misérable.
No sólo obra mal él, sino que arrastra a los pequeños : non seulement il agit mal, mais il entraîne les petits.
(3) Correr : courir, mais aussi couler.
El río corre por el valle: la rivière coule dans la vallée.
(4) La forme en -ra de l'imparfait du subjonctif est parfois utilisée en substitution du plus-que-parfait de l'indicatif ou du passé simple dans des propositions relatives anciennes.
De nos jours cet usage est exclusivement littéraire.
Devolvió, sin haberlos leído, los libros que sus amigos le dejaran (à la place de le habían dejado) unos meses antes:
sans les avoir lus, il rendit à ses amis les livres qu'ils lui avaient laissés quelques mois auparavant.
Phrase 5 : ... a quien antaño gozara (à la place de gozó) del rango de...
(5) Attention aux deux sens que prend ici resaca -mouvement de retour des vagues après être arrivées sur la côte (ressac) et malaise dont est victime le lendemain celui qui a trop bu (gueule de bois).
La resaca le alejó de la playa: le ressac l'éloigna de la plage.
Tener resaca : avoir la gueule de bois.
(6) Ajeno, a : d'un(e) autre, des autres, d'autrui, étranger (extranjero), en dehors de.
Vivir a costa ajena : vivre aux dépens d'autrui, sur le dos des autres.
Los bienes ajenos : les biens d'autrui.
Prohibida la entrada a personas ajenas al servicio : entrée interdite aux personnes étrangères au service.
Él es ajeno a lo que ha pasado : Il est en dehors de ce qui est arrivé.
Jugar en campo ajeno : jouer sur le terrain adverse.

(7) Por + infinitif.
La préposition por suivie d'un infinitif peut se rendre par « pour » :
Cayó enfermo por haber comido mariscos en mal estado: il tomba malade pour avoir mangé des fruits de mer avariés.
Néanmoins, pour lui conserver son sens causal, elle devra être rendue par « parce que » ou « car » tout en remplaçant l'infinitif par un temps personnel.

(8) Dans l'imagerie populaire espagnole, le jour funeste de la semaine est le mardi et non pas le vendredi -comme en France, la qualité funeste se trouve encore accrue si la date correspond au 13e jour du mois-.
L'équivalent français de «en martes, ni te cases ni te embarques » est : Il ne faut rien entreprendre un vendredi.
Pour des raisons évidentes, dans la traduction française nous faisons une traduction littérale du dicton espagnol.