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Deutsch
EINUNDZWANZIGSTE LEKTION
Wiederholung und Erklärungen
VINGT ET UNIÈME LEÇON
1 Les principes d'organisation de la phrase n'ont plus de secret pour vous :
le positionnement du verbe qui différencie l'interrogation ou l'injonction de renonciation, ou la phrase principale de la phrase subordonnée ;
le positionnement des différents éléments qui reflète l'intérêt de leur apport informatif respectif.
La notion de "valeur informative d'un élément" est importante : si nous parlions "pour ne rien dire", tout cet effort pour apprendre une langue ne se justifierait point !
Mais comment être sûr de ce qui est important et de ce qui l'est moins ?
II y a quelques indices qui ne trompent pas :
Le pronom remplace ou rappelle un nom déjà "présenté" ; sa valeur informative est, par définition, faible. Les pronoms vont donc se trouver "relégués" aux places peu intéressantes du "milieu de terrain" entre la position (2) du verbe et la position finale (F) ou (F-1).
Herr A. hat gestern seiner Frau zum Geburtstag rote Rosen (F-1 ) geschenkt!"
Wann?"
Er hat sie ihr gestern geschenkt!"
ou encore : Gestern hat er sie ihr geschenkt!"
Notez qu'en pareil cas, le pronom à l'accusatif précède celui au datif, mais ce n'est qu'un ultime raffinement. Lorsque le sujet apporte une information importante, cette "dévalorisation" des éléments pronominaux peut lui permettre d'occuper la place convoitée (F) ou (F-1) :
Von wem hat sie denn diese Rosen?"
Die hat ihr gestern Herr A. (F-1) geschenkt!"

Les pronoms réflexifs se plient à la même discipline :
Ich habe mich (...) heute schon drei mai gewaschen.
Mais : ich habe heute schon zwei Hemden (F-1) gewaschen!
Ce déplacement du pronom devient impossible lorsqu'il remplace un élément aux liens "indissolubles" avec le verbe, un élément donc qui aurait occupé d'office la place (F) ou (F-1).
C'est notamment le cas, nous l'avons vu, pour les compléments des verbes à prépositions, comme par exemple warten auf:
Ich warte hier schon lange auf meinen Freund (F) - ich warte hier schon lange auf ihn (F)
(ich warte auf ihn hier schon lange est impossible I).
L'emploi de l'article défini ou indéfini est un autre indice significatif de l'apport informatif d'un élément : l'article indéfini introduit généralement un élément nouveau :
Das ist eine Rose.
L'article défini rappelle un élément déjà identifié :
Die Rose ist rot.
Cette distinction se traduit dans l'attribution des places :
Was macht er? Er schenkt seiner Frau eine rote Rose. (On trouve en position (F) l'information intéressante : eine rote Rose.)
Was macht er? Er schenkt die rote Rose einer unbekannten Frau. (On trouve en position (F) l'information intéressante : einer unbekannten Frau.)

Pour expliquer les principes d'organisation de la phrase, nous avons pris pour référence la phrase énonciative (indépendante), celle qui est marquée par le verbe (conjugué) en place (2) :
Er hat seiner Frau heute rote Rosen geschenkt.
Qu'en est-il pour les autres types de phrases ?
Rassurez-vous : leur seule particularité est une "marge de manœuvre" plus étroite, due essentiellement à l'indisponibilité de la place (1).
En effet, cette place se trouve occupée :
dans la phrase injonctive et interrogative, par le verbe :
Schenk (1) deiner Frau doch mal wieder rote Rosen!
Schenkst (1) du diese Rosen deiner Frau?
dans la phrase interrogative partielle, par le mot interrogatif :
Warum (1) schenkst (2) du mir nie mehr rote Rosen?
dans la phrase subordonnée, par la conjonction :
Ich freue mich, daß (1) du mir diese schönen Rosen schenkst.
Les éléments occupant la place (1) ne pouvant en être déplacés, celle du verbe (des parties de l'élément verbal) étant "intouchable", le sujet jouissant par ailleurs d'une sorte de prérogative pour "suivre" le verbe conjugué, les places disponibles pour positionner un élément sont alors restreintes.

Dans ces limites, les principes d'arbitrage sont exactement les mêmes que ceux de la phrase énonciative. Ainsi, la place (F) ou (F-1) est réservée à l'information principale.
Hat er seiner Frau oft rote Rosen (F-1) geschenkt?
Warum hat er sie (...) ihr gestern (F-1) geschenkt?
Ich finde es seltsam, daß er die Rosen einer unbekannten Frau (F-1) geschenkt hat.

Ne résistez pas au plaisir de mettre à l'épreuve votre perspicacité : arrêtez-vous parfois sur une phrase particulièrement "vicieuse" des leçons pour en découvrir "le plan de montage".
Cela vous aidera à roder vos acquis et à identifier ce qui n'est pas encore élucidé.

Nous avons tellement insisté sur la rigueur des plans de montage syntaxique, que nous ne voulons pas clore ce chapitre sans dire un mot sur ce qui semble être des "anomalies".

Il y a bien sûr ces phrases "sans verbes" :
Hamburg, die größte Stadt Westdeutschlands !
Ce sont en fait des phrases "normales" dont on a supprimé un verbe "sans intérêt" (ici : ist) pour gagner en densité descriptive ou pour faire vite : Hilfe! (Ich brauche Hilfe!).
Il y a aussi les exemples assez nombreux où des éléments qui auraient dû se trouver "à l'intérieur de la phrase" sont ajoutés "hors construction", c'est-à-dire après (F).
Il y a plusieurs phrases de ce type dans la leçon 19 :
(8)... danach laßt uns alle streben (F), brüderlich mit Herz und Hand
(= ... danach laßt uns alle brüderlich mit Herz und Hand streben).
(5) Seit 1945 wird es... gesungen (F), allerdings gekürzt auf seine dritte Strophe.


Les deux exemples montrent bien qu'il s'agit "d'ajouts" : on répare un oubli, on garde "une surprise pour la fin":
(Ich habe ein Geschenk gekauft, (und zwar) für Dich!)
On complète par une précision qui aurait "encombré" la phrase :
Wir sind nicht in Spanien (sondern in Italien) gewesen (F), sondern in Italien! - Wir sind in Italien (und nicht in Spanien) gewesen (F), nicht in Spanien!

Soyez néanmoins prudent dans l'emploi de ces ajouts "hors construction" : ils ne doivent pas comporter d'éléments constitutifs de la phrase :
Wir sind in den Ferien gewesen (F) in Spanien est impossible, in Spanien étant un élément essentiel de la phrase : ceci n'est donc pas une figure de style, c'est tout simplement incorrect !

2 Les prépositions
En allemand, on les appelle aussi Fügewörter" (mots d'assemblage, mots pour "joindre des pièces").
Cela traduit bien leur rôle : elles permettent d'assembler des éléments, de les intégrer dans la phrase en leur donnant une fonction précise.
An diesem Morgen war ich des schlechten Wetters wegen mit meinem Freund nicht zum Fischen an den See gefahren
(Ce matin-là, à cause du mauvais temps, je n'étais pas allé avec mon ami au lac pour pêcher).

Vous vous en servez fréquemment, rappelons-en tout simplement quelques particularités :
Une préposition - par exemple für -, peut précéder un adverbe (für später = pour plus tard), un adjectif (für dumm halten ~ tenir pour / croire stupide), un nom (für einen Freund) ou un pronom (für ihn / den / wen, für meinen...); certaines peuvent suivre le nom (ou pronom) : des schlechten Wetters wegen.

La préposition précédant un pronom qui ne représente pas un "être animé", "fusionne" le plus souvent avec celui-ci en formant une sorte de démonstratif invariable (da + préposition) :
- Ich möchte über dieses Problem / diese Frage / diesen Punkt sprechen. - Wir haben schon (über es / sie / ihn = ) darüber gesprochen.
Mais :
- Ich möchte über das Kind / die Mutter / den Vater sprechen. - Wir haben schon über es / sie / ihn gesprochen.

Il en est de même pour les prépositions précédant un pronom interrogatif (wo + préposition) :
(Über was =) - Worüber habt ihr gesprochen? - Über dieses Problem / diese Frage / diesen Punkt.
Mais :
- Über wen habt ihr gesprochen? - Über das Kind / die Mutter / den Vater.

La plupart des prépositions se prêtent à cette transformation :
von - davon, wovon; mit - damit, womit;
avec un -r de liaison pour les prépositions à voyelle :
an - daran, woran; über - darüben, worüber; nach - danach, wonach...

Man muß sich daran gewöhnen!
(Il faut en prendre l'habitude,)
Mais c'est une formule "prêt-à-porter" très pratique : pas de différence de genre ou de cas à respecter !
C'est ce démonstratif invariable qu'il faudra donc employer pour traduire le à / pour / de / avec... ce / cela français :
- A quoi penses-tu ? = Woran denkst du?
- Je pense à ce qui nous reste encore à apprendre ! = Ich denke daran, was wir noch zu lernen haben!
- N'y pense plus (à cela) ! = Denk nicht mehr daran!
N'en parlons plus (de cela) = Sprechen wir nicht mehr davon.
N'y réfléchis plus (à cela) = Denk nicht mehr darüber nach.

Beaucoup d'adverbes que vous utilisez fréquemment sont issus d'une "fusion" semblable :
trotzdem (trotz + dem) = malgré cela ;
deswegen (wegen + des) -- à cause de cela ;
meinetwegen (wegen + meiner) -- à cause de / pour moi ;
währenddessen = (während + dessen) - pendant ce temps ;
außerdem = (außer + dem)...

Aux noms et aux pronoms qu'elles précèdent (ou qu'elles suivent parfois), certaines prépositions imposent "leur cas" ; l'accusatif, le datif ou le génitif;
d'autres laissent le choix entre deux de ces cas : accusatif ou datif, génitif ou datif.

Celles laissant le choix entre le génitif et le datif ne posent pas de problème particulier. L'emploi de l'un ou de l'autre des deux cas reste plutôt une affaire de goût (le génitif est souvent plus "élégant"):
Wegen des schlechten Wetters / Wegen dem schlechten Wetter;
mais uniquement : des schlechten Wetters wegen

L'arbitrage entre l'accusatif et le datif est autrement plus important :
Dans le cas des prépositions de lieux, c'est le choix du cas qui indiquera que l'élément prépositionnel annonce :
- la destination d'un déplacement, répondant à la question wohin? (où, vers où ?): l'élément sera alors à l'accusatif.
Ich fahre in die Stadt = Je me rends en ville.
la localisation (d'une action / d'un événement / d'un état), répondant à la question wo? (où, à quel endroit ?) :
l'élément sera alors au datif.
Ich arbeite in der Stadt = Je travaille (dans la) en ville.

Alors, pourquoi ne pas se fier à cette règle simple : Tous les verbes de déplacement (gehen, fahren, springen,... stellen, legen,...) exigent l'emploi de l'accusatif après la préposition ;
tous les autres verbes celui du datif ?
Attention :
a) Certaines prépositions, bien qu'employées pour indiquer une destination, imposent le datif :
ich gehe zu meinem Freund; ich fahre nach Bonn, der Hauptstadt Deutschlands; ich gehe ihm entgegen (je vais à sa rencontre).
b) La différenciation entre destination d'un déplacement et localisation d'une action par l'emploi respectif de l'accusatif ou du datif est assez subtile pour permettre des nuances du type :
Ich laufe in den Wald (Wohin?: in + acç.) = Je cours vers (dans) la forêt.
Ich laufe in dem Wald (Wo?: in + dat.) = Je cours (fais mon jogging dans) à l'intérieur de la forêt (alors que laufen est bien un "verbe de déplacement").
c) N'oubliez pas que ces mêmes prépositions "à cas double" servent dans d'autres circonstances où le principe "déplacement / localisation" ne sera d'aucun recours.
Exemples :
in: in einer (dat.) Woche = dans une semaine ;
in einen (acc.) Vorschlag einwilligen - être d'accord avec une proposition ;
an: an einem (dat.) Sommertag = un jour d'été ;
an den (acc.) Sommer denken - penser à l'été.

Beaucoup de verbes, d'adjectifs et de noms sont accompagnés de façon quasi obligatoire d'une (ou de
plusieurs) préposition(s) particulière(s) :
Verbes :
warten auf (acc.) träumen von (dat.)
leiden an (dat.) denken an (acc.)
fahren in / über (acc.) nach / zu (dat.)
Adjectif :
fertig mit (dat,) traurig über (acc.)
Noms :
Interesse an (dat.) Lust auf (acc.)

Ni le choix de cette préposition, ni le choix "du cas" (lorsque choix il y a) ne vous paraîtront toujours évidents
(pourquoi par exemple : empêcher de = hindern an (dat.) ; rappeler = erinnern an (acc.) ; participer à = teilnehmen an (dat.)... ?).

Mais c'est à (ap)prendre ou à laisser, même pour les Allemands eux-mêmes !
Vous trouvez qu'ils auraient pu mettre un peu plus d'ordre dans leur langue avant de vous l'offrir ?
N'oubliez jamais qu'à cheval donné, on ne regarde pas la bride : Einem geschenkten Gaul schaut man nicht ins Maul! (Maul - gueule).
 
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