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Deutsch
VIERZEHNTE LEKTION
Wiederholung und Erklärungen
QUATORZIÈME LEÇON
1 La place des différents éléments dans la phrase
"Ne m'interrompez pas, vous ne savez pas encore ce qui est le plus important !"
Nous avons vu la position clé que tient l'élément verbal. Dans beaucoup de phrases, tout ou partie de cet élément verbal occupe la position finale (F).
(Er will morgen kommen (F). - Ich weiß, daß er morgen kommen will (F).)
Cela contribue fortement à cette densité informative, concentrée à la fin de la phrase, qui est caractéristique de l'allemand.
Celui qui voudrait interrompre se trouve contraint à la patience : tant qu'il ignore la fin de la phrase, il ignore l'essentiel. Ce ne sont pas les tenants de la courtoisie qui s'en plaindront !
Bénéficiant d'un surcroît d'attention par l'accent de phrase qu'elles portent dans la langue orale, la position finale (F) ou, lorsque (F) est occupé par le verbe, celle qui la précède (F-1), est en conséquence bien plus convoitée que celles "du milieu de terrain" (), réservées aux rappels d'informations déjà connues ou de moindre importance.
Qui donc a droit à cette place (F) ou (F-1) ?
L'arbitrage se fait en fonction de deux principes, souvent complémentaires, mais parfois contradictoires :
Premier principe : l'inné dispose !
La place revient à l'élément ayant les liens les plus étroits avec le verbe, sa présence étant en quelque sorte imposée par ce dernier : "Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat !". Pour un verbe du type finden (trouver), l'élément attendu en toute circonstance sera "ce qu'on trouve", par exemple de l'or (Gold), alors que le "où" et le "quand" resteront (sauf contexte particulier) des indications facultatives.
Donc : Ich (1) habe (2) gestern () in meinem Garten () Gold (F-1) gefunden (F) = Hier, j'ai trouvé de l'or dans mon jardin.

Pour le verbe dauern (durer), l'élément attendu sera par contre celui qui indique la durée (exemple : kurze Zeit).
Donc : Mein Glück (1) hat (2) leider () nur () kurze Zeit (F-1) gedauert (F) = Malheureusement, mon bonheur n'a duré que peu de temps.
Deuxième principe : l'acquis impose !
Selon ce principe, la position finale (F) ou (F-1), point de focalisation de la phrase,, revient à l'élément ayant la valeur informative la plus importante (dans cette phrase particulière). Moins cet apport est intéressant, plus l'élément se trouve "relégué" vers l'amont de la phrase {"à gauche").
La valeur informative d'un élément dépend évidemment de l'intention du locuteur, c'est-à-dire du contexte : quelle information intéressera le plus mon interlocuteur ?
Was hast du dort gefunden? (Qu'est-ce que tu y as trouvé ?)
Ich (1) habe (2) dort () Gold (F-1 ) gefunden (F)! (J'y ai trouvé de l'or!) : .Gold étant l'information nouvelle, il se place en (F-1) ((F) étant pris par le verbe).
Wo hast du es gefunden? (Où l'as-tu trouvé ?)
Ich habe das Gold / (es) dort (F-1) gefunden (F).
L'information nouvelle étant dort, c'est lui qui occupe (F-1).
Le choc entre l'inné et l'acquis
Souvent, il y a complémentarité entre les deux principes :
Was hast du gefunden? - Ich habe dort Gold (F-1) gefunden.
La place de Gold satisfait aussi bien au principe I et II.
Lorsqu'il y a conflit, c'est en règle générale le principe II qui l'emporte :
Wo hast du das Gold gefunden? - Ich habe das Gold dort (F-1) gefunden. ,

Mais certains verbes s'opposent à la dissolution des liens "innés" avec un élément de "leur famille" : les verbes de déplacement du type fahren, gehen, legen et plus généralement les "verbes à préposition" (nach Berlin fahren, auf Freunde warten,...) ainsi que les "compositions figées"' (Tennis spielen, Ski laufen) sont de bons exemples : ils forment une union si intime avec "leur élément", qu'il est (en règle générale) impossible de "déloger" celui-ci de sa place "héréditaire", même si son apport informatif est négligeable :
Wann fährst du nach Berlin? - Ich fahre morgen () nach Berlin.
(Ich fahre nach Berlin morgen (F) serait "logique", mais est impossible !)

Dans la langue parlée, on pourra réparer l'injustice en déplaçant l'accent de phrase sur morgen.
Mais ce n'est pas le seul moyen :
Une autre place, bien que moins prestigieuse, est destinée aux éléments en quête de reconnaissance : la position (1) !

Trouvant occupée la dernière place, c'est donc ici que morgen se placera de préférence :
Morgen (1) fahre ich nach Berlin.
Pour échapper à la médiocrité d'une place en "milieu de terrain", tout élément (ou presque) peut occuper cette place (1) dans une phrase dénonciation.
Lorsqu'il y a forte implication émotionnelle ou souci d'éviter tout malentendu, même l'occupant "héréditaire" de la place (F) peut s'y trouver :
Nach Berlin (1) fahre ich morgen, nach München übermorgen!
 

Qu'en est-il de la place du sujet ?
Dans la phrase "hors contexte", comme le sont les exemples de grammaire, on le trouvera souvent en position (1), puisque rien ne justifie d'y mettre un autre élément.
"En situation", il se place en fait bien plus souvent en position (3), suivant alors immédiatement le verbe (2). Le choix entre ces deux places (1) et (3) (qui sont à quelques exceptions près, les seules qui soient accessibles au sujet) dépend "de ce qu'il apporte" : un sujet constituant une information nouvelle se placera en (1) :
Mein Freund (1) hat in seinem Garten Gold gefunden;
alors qu'un sujet déjà introduit et simplement rappelé par un pronom se retrouve souvent en (3) :
Mit diesem Gold wird er (3) nicht glücklich werden! (Ce n'est pas avec cet or qu'il deviendra heureux !)

Vérifions nos principes avec une phrase de la leçon 10 :
Du wirst mich doch nicht auf unserer Hochzeitsreise wegen einer Loreley verlassen!":
Du (1) wirst (2) mich () doch nicht () auf unserer Hochzeitsreise () wegen einer Loreley (F-1) verlassen (F).


L'élément verbal : les deux parties wirst et verlassen se trouvent respectivement en position (2) et en position (F): bien que proféré comme un avertissement, il s'agit d'une phrase énonciative.
Le sujet du reste en position (1), c'est une interpellation, il est chargé "émotionnellement", c'est presque une menace !
Le verbe verlassen entretenant des liens "innés" avec l'élément qui indiquera "ce / celui qu'on quitte", c'est cet élément qui aurait dû occuper la place (F) ou (F-1).
Le contexte rendant évident qu'il ne peut s'agir que de celle qui parle, rappelé par le simple pronom mich, celui-ci se trouve relégué "en amont" de la phrase, loin de l'endroit "où se passe l'essentiel".
Du coup, la position (F-1) est occupée par wegen einer Loreley, l'intérêt étant focalisé sur la raison d'un éventuel abandon.
Si l'épouse était plus choquée encore par le moment choisi, elle aurait dit :
Du wirst mich doch nicht wegen einer Loreley auf unserer Hochzeitsreise (F-1) verlassen!

Bien sûr, les Allemands ne pensent pas à tout cela lorsqu'ils font une phrase, et nous ne voulons pas vous forcer à le faire.
Mais face à des phrases qui vous "résistent", la compréhension du système d'organisation est fort utile : comment et où chercher dans une phrase ce qui est important ?
Si ces explications ne vous ont pas découragé, sachez que tout ce qui suivra ne sera qu'affinement de ces principes fondateurs : celui qui assigne au verbe sa place stratégique et ceux qui régissent le positionnement des éléments en fonction de "leur statut" et / ou de "leur apport".
 

2 Déclinaison de l'adjectif et des adjectifs nominalisés
La confusion qui pourrait résulter de la relative mobilité des éléments nominaux dans la phrase est compensée par un système "d'encodage" qui facilite le repérage de leur rôle respectif : c'est la fonction de la déclinaison que vous connaissez bien. Les formes caractéristiques de l'article, des pronoms, parfois du nom lui-même en sont la marque :
,,Er (nominatif) erklärt mir (datif) die Regeln (accusatif) des deutschen Satzes (génitif)".
Tout adjectif qui précède un nom (cf. : deutsch- Satzes) doit se soumettre à cet "encodage", il doit se décliner !
Heureusement, l'allemand a pris en compte la difficulté de ceux qui l'apprennent et a retenu, parmi tous les systèmes sophistiqués qu'on aurait pu imaginer, un principe qui ne l'est pas trop :

Premier cas : l'adjectif précédant un nom est précédé à son tour d'un article ou pronom porteur de la "marque de cas" (marque de cas = "forme caractéristique" que prend l'article défini à cette place).
Exemple : der / dieser / deutsch-? Satz.
L'adjectif se contente d'un effort limité en prenant -e ou -en selon les cas
(-e: : nominatif et accusatif singulier - sauf accusatif masculin -,
 -en pour toutes les autres formes) :
der deutsche Satz - den / dem / (des) / deutschen Satz(es),
die / die / den / der deutschen Sätze.


Deuxième cas : l'adjectif n'est pas précédé d'un porteur de "marque de cas". C'est à lui qu'incombe alors la responsabilité de clarifier le rôle de "son" élément dans la phrase :
c'est donc lui qui doit devenir porteur de la marque de cas :
deutscher / -en / -em / -(en) Satz(es) -
deutsche / -e  / -en / -er Sätze.


L'adjectif garde cette fonction importante lorsque, dépourvu de marque de cas, l'article indéfini ein (et les pronoms qui prennent modèle sur lui : kein, mein,...) est incapable de l'assurer :
ein Satz - ein deutscher Satz; ein Wort - ein deutsches Wort.

Mais dès qu'il le peut, il s'y soustrait : les noms masculins et neutres étant eux-mêmes porteurs de marque cas au génitif singulier (-s), l'adjectif se contente du -en banal :
deutschen Satzes; deutschen Wortes;
mais deutscher Grammatik (puisqu'il s'agit du génitif féminin).
Soulignons enfin que les adjectifs sont solidaires entre eux : ce que fait l'un, l'autre le fait aussi :
,,Sportlicher, eleganter, reicher Herr sucht..." (Homme sportif, élégant et riche cherche...).

Beaucoup de noms sont formés (ou peuvent l'être) à partir d'adjectifs (deutsch - ein Deutscher) ou d'un participe.
Participe 1 : reisen - reisend - eine Reisende = une voyageuse.
Participe 2 : fangen - gefangen - ein Gefangener = un prisonnier.
Ces noms se comportent en toutes circonstances comme s'ils restaient en fait des adjectifs, précédant un nom devenu "invisible'' :
Deutscher (Mann); Reisende (Frau); Gefangener (Mann).
Ceci explique non seulement les formes variées qu'ils prennent :
ein Deutscher (Mann) - der Deutsche (Mann) -die Deutsche (Frau) - des Deutschen (Mannes) - mit Deutschen (Leuten)..., mais aussi les formes "solidaires" de l'adjectif qui peut les précéder:
ein neuer Deutscher (Mann) - der neue Deutsche (Mann) - die nette Deutsche (Frau) - des netten Deutschen (Mannes)...

 

Les adverbes de lieu
Wo sind wir, woher kommen, wohin gehen wir? Qui ne voudrait pas connaître la réponse à ces interrogations ? Quelques adverbes nous fournissent les premières indications :
Wo sind wir?: Die einen sind hier (ici), die anderen dort (là), die einen draußen (à l'extérieur), die anderen drinnen (à l'intérieur), die einen irgendwo (quelque part), die anderen nirgendwo (nulle part), manche sind überall (certains sont partout) !
Les adverbes de localisation n'ont pas de signe distinctif, sauf celui qu'ils partagent avec tous les adverbes : ils sont invariables !
Und woher kommen wir? Ich weiß nicht, irgendwoher (de quelque part), vielleicht von dorther (de là), vielleicht von dort unten (de là-bas), vielleicht von dort oben (de là-haut), vielleicht nirgendwoher!
L'origine se marque donc par her ou par von + adverbes de lieu (répondant à la question wo?: hier - dort...).
Und wohin gehen wir?: Schwer zu sagen, ob es aufwärts (vers le haut), abwärts (vers le bas), vorwärts (en avançant), rückwärts (en reculant) oder im Kreis (en tournant) geht, vielleicht geht es nach links, vielleicht nach rechts, vielleicht nach Süden, vielleicht nach Norden, vielleicht auch irgendwohin (vers quelque part) oder nirgendwohin (vers nulle part), das heißt wir stehen in Wirklichkeit still (nous sommes immobiles).
La direction se marque par -wärts, par nach + adverbes de localisation / nom de la destination, la destination elle-même par -hin: hierhin, dorthin...

 
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